evue internationale de recherche biographique, Le sujet dans la Cité se revendique d’un courant de recherche, bien représenté dans les pays anglo-saxons et allemands (Biography research, Biographieforschung), qui se donne pour objet d’explorer les processus d’institutionmutuelle des individus et des sociétés : en décrivant les modalités biographiques selon lesquelles les individus donnent forme et sens à leurs expériences au sein du monde historique et social, la recherche biographique a pour projet de rendre compte de la réalité subjective des faits sociaux et de la formation de l’individu en tant qu’être social singulier.
ffichant dès son titre deux notions à haute charge philosophique et politique, la revue Le sujet dans la Cité prétend affirmer une position et ouvrir un espace de controverse. Approcher les problématiques de la relation de l’individu et du social dans les termes du sujet et de la Cité, c’est substituer à un lexique sociologique un langage au meilleur sens du terme idéologique, c’est prendre le parti d’un débat intégrant les dimensions éthique et politique. Dans ce débat, le sujet et la Cité sont convoqués en tant que questions et que projets engageant quelques-uns des enjeux essentiels des associations humaines confrontées à l’utopie instituante de l’être-humain-ensemble.
i cette position laisse ouvertes les définitions que l’on peut donner du sujet et de la Cité, elle affirme cependant leur relation de constitution réciproque : les formes de conscience de soi et de rapport valorisé à soi-même, à son existence et à son action - qui définissent a minima ce que l’on peut entendre sous le concept de sujet - ne prennent acte et ne prennent sens que dans des « espaces communs » où les individus sont en droit et en capacité d’agir sur les modalités du vivre-ensemble, autrement dit de « former la Cité ». Poser la relation syntaxique du sujet dans la Cité, c’est dire qu’il n’y a de sujet que dans un rapport à la Cité, qu’il n’est de sujet que de la Cité, et que, corrélativement, il n’y a de Cité que celle qui est formée par des sujets, qu’il n’est de Cité que de sujets. L’ethos du sujet n’advient et ne peut être reconnu que dans l’espace politique de la Cité, de même que la Cité ne peut advenir que de l’activité délibérée des sujets qui la forment.
ans ce cadre, la revue Le sujet dans la Cité se propose d’interroger les modalités d’exercice et de réalisation des sujets dans les organisations et les fonctionnements contemporains du vivre-ensemble. Depuis le dernier quart du 20ème siècle, les conditions faites à l’individualité se sont profondément transformées, qu’il s’agisse des formes de la gouvernementalité et de la participation citoyenne, des « manières de faire » et des pratiques sociales quotidiennes, des codes et répertoires de la parole dans le rapport à soi-même et aux autres, des formes sociales de la vie domestique et affective, des rapports à l’école, à la formation et au travail. En prenant la mesure de ces déplacements et de ces reconfigurations dans tel espace de la vie individuelle et collective,Le sujet dans la Cité souhaite apporter une contribution réflexive à ce qui est, depuis le germe grec de la polis, le grand défi de nos sociétés, si souvent mis en échec et destiné à être constamment revivifié : le projet d’émancipation et d’autonomie qui seul peut faire des individus sociaux des sujets dans la Cité.